Et nous fîmes du monde un décor...
Il faut un moment pour comprendre ce qu'on regarde.
Un pelage, une posture, la lumière sur un œil ouvert. Quelque chose d'immédiatement familier, la certitude du déjà vu, dans un documentaire, dans un livre d'enfance, dans un souvenir qu'on ne sait plus bien situer. Les animaux semblent là, présents, suspendus dans un instant ordinaire de leur existence.
Puis quelque chose accroche. Un fond qui ne tient pas tout à fait. Une immobilité trop parfaite.
Ils habitent depuis des décennies les vitrines de grands musées naturalistes. Prélevés, conservés, mis en scène avec une précision troublante, ils sont les témoins d'une époque qui croyait pouvoir comprendre le monde en le figeant. Certaines de ces espèces ont depuis disparu, ou sont en passe de l'être.
Vouloir retenir ce qui s'efface, et n'y parvenir qu'en l'embaumant un peu plus.